La dernière fois que les médias nationaux en ont parlé, c'était le mercredi 11 avril, à l'occasion du déplacement à Hem (59) du candidat de la LCR Olivier Besancenot. Avant, c'était plutôt dans la rubrique "justice" pour des affaires de stups, et pas sous le même nom : l'avenue Laënnec, haut-lieu du trafic de cannabis au début des années 90, devenait alors pour une presse friande de surnoms accrocheurs le « Boulevard du shit ».
Depuis, les plus gros dealers se sont « délocalisés », mais l'étiquette est restée. Et colle même à la peau de chacun de ses habitants, que celle-ci soit brune, noire ou blanche. « Ici, t'as pas besoin de t'appeler Mohammed pour être dans la merde. Il suffit que les gens apprennent que tu viens de l'avenue pour être grillé », explique d'entrée de jeu farid, la trentaine, à la recherche d'un emploi après avoir perdu celui qu'il occupait comme chauffeur poids lourds. « Exemple, à l'ANPE, l'employé qui voit mon dossier avec Laënnec marqué dessus, il regardera même pas dans son ordinateur pour savoir s'il a quelque chose pour moi. » Alors le trafic permet d'arrondir les fins de mois...
Ces discriminations, Farid et ses amis disent aussi les subir d'une autre manière de la part de policiers qui patrouillent régulièrement dans le quartier (en 1992, l'école nationale de police pour le département du Nord s'est installée juste en haut de l'avenue).